Réflexions citoyennes d'un esprit en arborescence. Décrypter l'actualité, la société et la technologie pour le grand public, sans jargon ni parti pris.
Par une nana qui en a marre de payer des impôts pour des serveurs dignes d’un cybercafé de 1998
Le grand hold-up numérique
Encore une fois, ça a pété. Et pas dans une petite mairie de campagne, non. Direct sur la plateforme qu'on est censés utiliser pour déclarer ce qu'on gagne et se faire saigner à blanc. Les données des contribuables, ça valait quoi, hein ? Combien de millions d'euros de blindage ? Apparemment, pas assez pour empêcher le premier clampin venu avec un ordinateur portable et une connexion Starlink de se balader dans les serveurs comme dans un centre commercial un dimanche après-midi .
Et là, on nous parle de hackers "pro-russes". Le collectif Stormous, tiens donc. Ces mecs-là, ils ont revendiqué le coup, comme on met son nom sur une œuvre d'art. Sauf que leur œuvre, c'est un carnage. 40 000 identifiants, une "combolist" qu'ils ont probablement constituée avec des données grappillées à droite à gauche, et un sentiment général que l'administration française est une passoire .
On nous dit que les données serviront à du phishing. Mais franchement, c'est du grand n'importe quoi. Quand tu as des adresses mail, des identifiants, et des localisations, tu ne t'arrêtes pas à un petit mail pour te vendre des pilules bleues. Non, c'est le début d'une campagne de déstabilisation massive. On te chope par les failles de tes proches, on te retourne le cerveau avec des infos qui semblent perso, et on te tient.
Pendant ce temps, qu'est-ce qu'on fait ? On nous sort le grand classique : "C'est la faute aux méchants russes." Mais putain, à quel moment on arrête de se cacher derrière ce bouclier pourri ?
France Connect ou France Collect ?
France Connect. La belle promesse. Un seul identifiant pour tous les services publics. C'est pratique, hein ? Sauf que quand tu mets tous tes œufs dans le même panier, et que le panier est en osier, ça finit toujours par puer.
Là, on nous parle d'impôts. C'est pas un détail, c'est le nerf de la guerre. C'est là où sont stockés tous nos revenus, nos adresses, nos situations familiales, tout. Et ce qui est arrivé, on peut l'appeler : France Collect.
Parce que les mecs qui ont fait le coup, ils ont collecté. Ils ont pris ce qu'ils voulaient, comme au supermarché. Est-ce qu'il y a eu une alerte ? Une protection digne de ce nom ? Bien sûr que non. On a juste appris après coup que ça avait fuité. Comme d'habitude.
Alors oui, on va me dire que c'est compliqué, que la cybersécurité ça coûte cher, que les agents font ce qu'ils peuvent. Mais non. Les mêmes mecs qui nous demandent de tout numériser, de tout centraliser, ils sont incapables de tenir la boutique.
Les "Hasbeen" du numérique
Arrêtons deux secondes de nous voiler la face. Le problème, il est humain. Pas forcément les mecs qui sont sur le terrain, mais la chaîne de décision. Ces vieux fonctionnaires dont on parle, mais c'est pas une question d'âge, c'est une question de mentalité. C'est ceux qui ont validé ce système, qui ont fait des économies de bout de chandelle sur la sécurité, et qui aujourd'hui, au lieu de prendre leurs responsabilités, nous sortent le narratif de l'attaque extérieure.
C'est pratique de dire "c'est les Russes". Ça permet d'éviter de dire "on a merdé". Mais la vérité, c'est que Stormous, ils ne sont pas des magiciens. Ils exploitent des failles. Des failles qui sont là depuis des années. Des failles qu'on a signalées, qu'on a laissé pourrir.
Et les "hasbeen", ce sont ceux qui gèrent ça à l'ancienne. Ceux qui pensent que mettre un antivirus et changer le mot de passe tous les six mois suffit. Ceux qui ne comprennent pas qu'on est en guerre. Une guerre où l'arme, c'est l'information. Et où l'ennemi, il a compris que le plus simple, c'était de passer par la porte d'entrée parce qu'on a oublié de la fermer.
Alors oui, quand est-ce qu'on va remplacer ces vieux schnocks par des gens qui connaissent le monde d'aujourd'hui ? Des gens qui ont grandi avec un clavier, pas avec un rotring. Des gens qui savent qu'un serveur, ça se blinde, que les données, ça se chiffre, et que la confiance des contribuables, ça se mérite.
Mais bon, c'est plus facile de demander des millions à ceux qui paient déjà tout pour éponger les dégâts que de virer ceux qui auraient dû les prévenir. Le jour où on aura un système qui tient la route, peut-être qu'on arrêtera de penser que l'administration, c'est juste un énorme bébé qui a besoin qu'on lui change les couches.
En attendant, France Collect, ça marche bien. Et ça va continuer.